
En provenance de Lyon (un de mes points de chute favoris), j'étais sur Paris à peine quelques heures, juste le temps de gambler quelques caves en omaha chez Romain et de dormir trois heures avant de me lever au petit matin pour rejoindre Laurent, Jad et Jooles. N'étant pas très matinal, j'étais pour une fois surpris de ma non méforme ce matin là. Après quelques soucis de bagages à l'aéroport (avec le stuff nécessaire pour la radio on a eu le droit à un gros supplément pour le surpoid), nous avons trouvé pour le trajet un peu de compagnie féminine grâce à Sabrina qui prenait le même vol.
Arrivé à Marrakech, destination que je ne connaissais pas, je comprend tout de suite comment ça se passe pour les gens de passage : tout se négocie là bas. Après une féroce bataille entre les taxis pour nous prendre en course, on se retrouve tous les quatre à l'arrière dans une vieille peugeot avec des bagages un peu partout et le chauffeur qui nous demande combien on va le payer. Laurent, fidèle à lui même répond "la personne qui nous a mis dedans a annoncé 15€, donc on paiera 15€". Pas de réponse, on avance tranquillement (au moins à 20km/heure) entre les voitures en sens inverse, les mobylettes et les piétons vers notre hôtel. Le "Golden Tulip", voilà où nous logereons durant ces quelques jours. Après un échange de billets entre Laurent et le chauffeur de taxi, où au final on s'en tira pour 5€ (j'ai pas tout compris mais bon) on peut enfin se (re)poser.
Pendant mes trois journées de vacances accordées avant le début du WPT, même si je n'ai pas participé à la sortie de quad dans le désert, j'ai pu découvrir les joies de la vie nocturne locale en compagnie des traditionnels fêtards du circuit, dont mon ami Harper que j'ai réussi à ramener des flammes de l'enfer (s'échapper avec un mec qui dort sur une banquette dans le "Paradise" à cinq heures et demie du matin n'est pas chose aisée) ; le reste du temps libre fut composé de piscine, de repos et de cash game online. Rien de très original. Ah si, la formule détente d'une durée d'une heure et demie au salon de massage, c'est tout simplement les nuts quand on a la gueule de bois, on a vraiment vibré avec Harper.
On arrive au jour J, grande première sur le circuit, le premier World Poker Tour sur le continent africain. C'est la room Chilipoker qui a organisé cet
événement, et voilà réunis les trois quarts des joueurs pros français ainsi que quelques pointures internationales (Annette Obrestad, Antonio Esfandiari, Liz Lieu, Tony G. pour ne citer qu'eux).
Je ne vais pas vous raconter le tournoi, il y a les coverages pour ça mais ce fut un WPT format express puisqu'il s'est déroulé sur trois jours uniquement. C'est le français Christophe Savary qui
a gagné devant l'irlandais Eoghean O'Dea. À noter la belle performance de Ludovic Lacay qui complète le podium. Good game, une vodka tonic et au lit ! Avec la crève attrapée le deuxième jour du
tournoi en plus, l'heure n'est pas à la fête. On doit repartir à peine quelques heures plus tard pour Paris.
Paris CDG, Jooles et moi quittons nos amis pour... reprendre un avion. Pas de temps à perdre, c'est Varsovie qui nous attend pour l'European Pokr Tour. On retrouve à l'aéroport Anto, Ludo, Davidi et Junior du team Winamax, l'occasion de faire une petite session de cash game online en attendant notre vol (obviously en retard). On arrive à Warsaw dans la nuit, changement de température radical avec Marrakech ! Mon nez entre la crève et les deux avions est mal en point. On arrive à l'Hyatt, je suis fatigué, mais pas assez pour dormir. Après une petite commande au room service et une session online (oui je joue beaucoup en ce moment), je tombe enfin dans les bras de Morphée.
EPT Warsaw, le bunker polonais. Dans une ambiance enfumée, froide, peu de joueurs sont présents pour ce jour 1. Seulement sept niveaux sont joués, et nous
pouvons donc profiter de la soirée. Après un rush au Sports bar du Mariott pour manger et regarder la deuxième mi-temps de la Champion's league, on revient au casino avec Jooles s'asseoir aux
tables de cash games. Ce fut plutôt une réussite pour moi puisque je suis reparti avec trois fois ce que j'avais mis sur la table. Ce fut ensuite la découverte d'un jeu de gamble que je ne
maitrisais pas encore : le stud poker version polonaise (beaucoup plus attractif que la version française), ça y est, c'était trop tard, j'étais commité pour la semaine à venir m'installer tous
les soirs pour grinder à ce putain de jeu.
Le lendemain, rebelote, petite journée (vu que le jour 1b se calque sur le jour 1a, on a fini tôt), même programme (foot etc...), et entre quelques bets sur la roulette et sur le stud, je me retrouve à perdre beaucoup de zlotys en holdem puis à en regagner à vitesse grand V en heads up pot limit omaha contre un jeune pro américain. Au bout de quarante minutes, ce dernier qui a visiblement compris qu'il ne gagnerait pas d'argent avec moi change de table pour rejoindre une full ring. Aucun problème, je retourne au stud poker !
Après trois autres journées assez identiques aux deux premières, on arrive au dernier jour du tournoi. Jooles a dû me quitter (il devait rejoindre sa petite femme à Londres pour des vacances) et c'est dommage, car Christohe Benzimra fait parti des huit finalistes. C'est pas la grosse forme côté presse, mais on est là, prêt pour un éventuel exploit. Le français fait figure d'outsider derrière Oleksandr Vaserfirer, énorme chipleader et Luca Pagano, toujours à la recherche d'une première victoire dans un EPT.
Après un coup spectaculaire où Christophe et deux autres joueurs se retrouvent à tapis préflop avec respectivement paire de valets, paire de dames et paire
d'as ; le français empoche le jackpot en trouvant un valet au flop. Il triple alors son tapis et la victoire devient envisageable pour lui. Ils ne sont plus que quatre, et après un deal négocié
entre les protagonistes, l'action reprend de plus belle. L'italien Luca Pagano échoue encore une fois en sautant quatrième, puis c'est au tour de l'ukrainien Oleksandr Vaserfirer de se faire
éliminer.
Nous y sommes, Christophe Benzimra est en heads up d'un EPT, légèrement devant en jetons et fait face à Battisti, jeune joueur italien, supernova élite sur PokerStars. Après une dizaine de mains sans saveurs, la main finale arrive. Dans un pot relancé préflop, les deux joueurs partent à tapis sur un flop contenant trois trèfles. Le français possède deux paires et est oppposé à un tirage couleur chez l'italien. Aucun trèfle ne tombe turn et river et Christophe a, contre toute attente, réussi à gagner ce tournoi.
Malgré la faible affluence pour cet EPT, j'étais content d'être venu, rien que pour savourer la victoire d'un joueur amateur pour qui l'argent n'a pas ou peu d'importance. Le temps d'enfiler une petite coupe de champagne et je repartais avec Benjo à son hôtel (merci d'ailleurs) car j'étais SDF ce soir là. Une bonne nuit à se reposer et me voilà de retour sur Paris. S'en suivront trois journées de sommeil (et de cash games bien sûr) la tête bien remplie.