

Après l'EPT Deauville qui s'était terminé pour moi par une maxi crise d'anxiété, il était temps de se reposer pour prendre un peu de recul avec le poker.
J'ai donc décidé de prendre un train direction Lyon pour aller rejoindre mes potes là bas et prendre part au grand tournoi trimestriel de poker organisé par l'association dont je fais parti
(p@l). Comprenez par là que ce n'est pas si simple de faire un break quand cela fait quatre années que vous êtes totalement immergé dans ce milieu.
J'arrive donc à Lyon jeudi dernier, accueilli par mon ami Kang' qui après deux ou trois ans de poker online intensif a décidé d'abandonner pour se consacrer
exclusivement au live. Après un apéro et un restaurant avec les autres amis, on décide avec Kang' d'aller au casino, ce qui représente pour lui son nouveau terrain de jeu. La soirée se déroule
tranquillement, et après avoir fait la fermeture nous nous détendons en mattant un film de type comique en optant pour "les beaux gosses". C'est drôle. Il est alors huit heures du matin et je
tombe dans le lit.
On se lève le lendemain et nous rejoignons l'équipe de l'association pour préparer le tournoi. Pour une fois, je me sens utile, je suis chargé de
photographier tous les nouveaux adhérents afin qu'ils aient leurs photos dans le trombinoscope sur le site. Après 137 photos, un hotdog, et une bouteille d'eau, la soirée peut enfin démarrer. Je
me retrouve à la même table qu'Harper, Yuestud n'est pas loin, et après un 3-bet non payé, je commence à repartir dans une putain de crise d'anxiété. Pas grave, j'essaye de prendre sur moi, la
soirée se déroule tranquillement pour tout le monde, sauf pour moi, qui souffre plus ou moins en silence. "Non messieurs, je ne ferais pas la fête ce soir, désolé !". Voilà où j'en suis rendu, à
tout faire à l'envers, je ne peux même pas fêter mon anniversaire avec des gens qui me sont chers. "Réveilles toi Kinshu, il faut que tu arrêtes de faire le con". Cette phrase que je me suis bien
dis dans ma tête une centaine de fois avait vraiment une connotation urgente cette fois. J'ai bien senti que j'avais un peu trop poussé le bouchon cette fois. Bahamas, Deauville, trop de fatigue
accumulée, trop de soirées arrosées, trop de tout en fait. Mon corps ne pouvait plus rien supporter, je n'étais pas loin de la rupture pour le coup.
Le deuxième jour de tournoi, pas de surprise, étant shortstack, j'ai rapidement busté et j'ai pu (pour une fois) participer au side event qui regroupe la plupart des éliminés du jour et de la veille. Après environ six heures de jeu, je remportais ce tournoi dans un état physique déplorable (je ne m'étais jamais senti aussi "weak" dans mon corps). Pas de soirée encore une fois pour moi, je n'avais pas du tout envie de toute manière, j'étais dans un état qui me ramenait quelques années en arrière et venait me remémorer mon grave problème de santé. Après plusieurs jours de repos à Lyon chez mes potes en collocation (c'est à dire l'endroit idéal pour ne rien faire), j'ai retrouvé peu à peu la forme, un peu comme un CPU qui tombe à 3% de batterie et qu'on recharge ; au fil des jours, je sentais que j'allais de mieux en mieux. Me voilà donc dans le TGV en direction de Nantes, pour fêter mon anniversaire en famille, et je suis content car pour une fois, je me sens bien (oui oui, c'est possible finalement). Je repars sur Paris d'ici quelques jours pour la soirée inaugurale de la version 4 de ClubPoker et pour dealer un tournoi privé avant de faire un rapide retour sur La Rochelle. Ensuite, ce sera direction Aix en Provence, Berlin et je ne sais où... la seule chose que je sais, c'est que j'ai franchi une nouvelle étape, psychologiquement parlant.