
Après Vegas, je comptais sur l'EPT de Vilamoura pour "me reposer". Se reposer dans mon vocabulaire, c'est manger correctement, dormir un minimum et éviter les gambles en tout genre.
Le trip Portugais débutait par un classique La Rochelle – Paris au petit matin pour rejoindre mon acolyte Jooles. Jusque là tout allait bien, mais le vol Paris – Lisbonne nous a réservé quelques surprises. Installés dans un avion assez petit, je ne sais pas si c'est le temps à l'extérieur ou le pilote qui était sec mais la descente sur Lisbonne était digne d'une des pires attractions de la fête foraine. À ma droite, un regular de ce vol se mordait les doigts en passant son temps à ouvrir / fermer le cache vitre, à ma gauche, Jooles était prêt à vomir avec le sac plastique entre les mains, sa voisine "priceless" (une actrice d'un certain âge) qui lui demandait "vous allez bien monsieur, vous êtes tout vert ?". Un peu plus loin devant, un mec se croyait dans une corrida en faisant tournoyer son bérêt, à côté, une femme en stress intégral aggripait le bras de son mari, et je vous passe la nana derrière qui était carrément tombé dans les pommes. Vingt minutes un peu folles, qui me faisait rire au début, moins à la fin, jusqu'à temps que nous atterrissions sur une roue en total freestyle. Ouf, on est entier.
Une petite heure de grind en PLO plus tard (un classique désormais) à l'aéroport, puis un vol rapide Lisbonne – Faro, et nous étions presque arrivé. Au premier abord, Vilamoura ça avait l'air sympa. Mais une station balnéiaire en hiver, c'est... un peu désert. Ca m'a tout de suite fait pensé à un reportage "Zone interdite" (ou quelque chose comme ça) sur les villes fantômes en Espagne. Après les formalités habituelles à l'hôtel et la découverte de la chambre (qui était plutôt correcte), on a rushé à la piscine. Faut dire qu'après une journée de transport, quand on voit un panneau "piscine couverte", je crois qu'on est obligé d'y aller. Ambiance surprise, je me suis cru dans un sauna "gay" mixé à un film de James Bond, mais ce qui comptait c'était la relaxation procurée par une petite baignade, le reste on s'en fout.
Après un restaurant avec Jean Montury et sa compagne, il était temps de se reposer avant d'entamer le premier EPT Portugais de l'histoire.
L'affluence fut un peu décevante (seulement 322 joueurs), mais l'ambiance était vraiment détendue. Je n'avais jamais vu une table finale où les joueurs
souriaient, discutaient, sans aucune prise de tête, sans pression. On se croyait presque dans un freeroll, ce n'était pas désagréable (à part le heads up qui était un trop mou à mon
goût).
Au final, c'est un local, Antonio Matias, qui a gagné. Ce n'était pas le meilleur, loin de là, mais il faut croire que c'était son jour de chance. J'aurais vraiment aimé que Jeff Sarwer remporte l'épreuve, mais il a échoué à la troisième place du podium. À noter au niveau français la jolie sixième place de Michel Abécassis, ce qui devient sa meilleure performance en EPT.On retiendra également la sortie express d'Antony Lellouche l'avant dernier jour, alors qu'il était chipleader à 24 joueurs restants.
En dehors du tournoi, on a (pour une fois) varié les plaisirs culinaires : italien, indien, portugais, thaï, américain, anglais. J'ai pu respecté mon schéma tactique (manger correctement), et le soir, même si on se couchait à chaque fois aux alentours de 4 heures, c'était dans un état raisonnable (hormis peut être le soir où on a fêté l'anniversaire de Jooles). Bref, une semaine peu fatiguante, sans dépenses excessives, un tournoi plaisant : à refaire (au printemps ce serait une meilleure idée vu l'endroit). Le seul facteur de tilt était le prix des restaurants (disons une vingtaine d'euros pour un plat et une boisson) comparé au prix d'une nuit d'hôtel (à peine 50 €) alors que d'habitude on paye la bouffe 2 € et les hôtels 150 €. Pas très grave, juste étonnant finalement.
Le retour à Paris fut paisible, le pilote ne devait pas être le même qu'à l'aller. Prochaine étape : l'EPT de Prague, où je vais pouvoir revoir la jolie
serveuse du petit bar à côté de l'Hilton. Enjoy, je suis en pleine forme.