Travels

Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /2010 00:47
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"Un Vegas mixé avec Disneyland". C'est exactement ce que je me suis dis lors de ma première journée passée à Atlantis, sorte de cité balnéaire artificielle à proximité de Nassau ( la capitale des Bahamas). Beaucoup de familles américaines plutôt aisées ont l'air d'apprécier de passer leur vacances ici. Le temps du PCA (Pokerstars Carribean Adventure), ces familles ont été mélangés aux joueurs, venus s'affronter pour l'un des plus gros tournois de la planète poker. Pour le main event, la moitié du field était constitué d'américains, dont la plupart sont à peine pubères. C'est d'ailleurs assez amusant d'observer cette horde de gamins débarquer et découvrir les différents plaisirs qui s'offrent à eux (filles, alcool, etc...).

Enfin bref, ce PCA a été vraiment étrange. Le premier jour de tournoi, la plupart des médias présents se faisaient franchement chier, et malgré un regain d'intérêt le deuxième jour, cette impression s'est confirmée sur l'ensemble du tournoi. Vous ne vous souvenez pas du nom du gagnant ? Ca tombe bien, moi non plus (bon ok j'exagère sur ce coup, il s'agit de Harisson Gimbel). Le meilleur français a terminé 25ème, il s'agit de Damien Rony, regular des sngs mid stakes sur PokerStars.

Ce séjour a été l'occasion pour moi de participer à quelques tournois annexes (j'ai fais deux tournois à 200$ et un à 550$). Sans faire de grosse performance, j'ai quand même fini deux fois "in the money" dont notamment une jolie 8ème place dans le 550$ 8-game dont le field était uniquement composé que de pros (Brandon Cantu, Marc Karam, Katja Thater, Allen Kessler, ...). Mon ami et collègue Jooles a lui aussi fait deux "ITM" avec notamment une superbe 3ème place dans un 200$ Turbo NLHE.

Cela dit, malgré mes deux "ITM", on dira "simplement" que ce voyage m'aura coûté cher. On oublie tout et on reprend à zéro pour la suite des événements. Back to basics ! C'est important que je revienne à mes fondamentaux, que j'arrête de m'égarer en permanence avec des faux problèmes. Il me paraît loin le temps où j'étais (presque) toujours de bonne humeur. Je compte sur Deauville pour retrouver la pêche.

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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 00:14
Embarqué dans un coverage de dernière minute au cercle Wagram, la seule chose que j'avais dans la tête en prenant l'avion pour Prague le jour suivant c'était "dormir dormir dormir". Malheureusement, l'avion ressemblait plus à un karting volant qu'autre chose. Autrement dit, impossible de me reposer, et c'est sur les nerfs que j'ai finalement débarqué en république tchèque. Bien sûr, à l'hôtel, impossible de m'endormir, à cause du décalage de la veille, je sentais venir alors une semaine de galère.

Première journée de tournoi. Malgré la fatigue, ça allait, j'ai pu bosser correctement. Le soir par contre, après un peu de grindage en PLO, impossible de trouver le sommeil, comme la veille. C'est grave docteur ? Je me sens pas forcément préoccupé en ce moment pourtant. Bon tant pis, next day please. La tête dans le cul, je prend un petit déj' et j'attaque la deuxième journée tranquillement. R.A.S., ce jour 1b m'a semblé identique au jour 1a. Et la soirée aussi, impossible de dormir... Insane !

Troisième jour de tournoi. Je commence à être en panne d'énergie, mais bon ça va, le coverage se passe plutôt bien. Le soir, malgré une certaine réticence, je me retrouve embarqué à sortir au "darling" le fameux lieu de débauche fréquenté par bon nombre de joueurs français dès la tombée de la nuit. Pas du tout motivé, je suis quand même agréablement surpris par l'ambiance et un ou deux verres plus tard assortis d'un lap dance avec l'une des plus belles filles du club, on pouvait enfin observer un large sourire sur mon visage. Après avoir bien rigolé dans ce cabaret, il était temps de rentrer à l'hôtel, pour enfin dormir.

Le réveil fut douloureux, mais il fallait retourner au boulot, surtout que le quatrième jour de tournoi (le jour 3) est l'un des plus intéressants. Après une courte sieste en plein milieu de l'après midi, je pouvais réattaquer le boulot, et assister à la belle performance des français. En effet, sept d'entre eux se sont qualifiés pour l'avant dernier jour de tournoi, du jamais vu. Dans l'état dans lequel j'étais, mon plan de soirée fut assez simple : macdo / tv / dodo.

paco win
Cinquième journée, il ne reste plus que 24 joueurs dont 7 français. On se met à pronostiquer combien d 'entre eux iront en table finale, qui va gagner, etc... Sauf qu'après des éliminations en chaîne, on commence à paniquer pour nos tricolores. Finalement, un seul d'entre eux va réussir à se hisser en table finale et pas n'importe lequel : Anthony Roux. On était vraiment content pour "Tall" qui a souvent été critiqué par beaucoup, à tort. Mais il était là le petit, avec le troisième plus gros stack.
Le soir, on a eu le droit à notre traditionnel tournoi média, où j'ai (pour changer) atteint la table finale, en chattant un coup vers le début (JJ>AA), il faut le dire quand même. C'est Paco, le caméraman du team Winamax, qui m'a éliminé dès le début de la TF avec KK contre TT, il était "hot" le Paco, il a gagné le tournoi assez facilement d'ailleurs. Je me suis rattrapé en finissant deuxième d'un sit'n'go avec Mad, Gloria, Jooles, Manu, etc... on s'est vraiment bien marré. Après un gros burger avalé en deux secondes au bar du haut, on avait surtout gagner le droit d'aller se pieuter.

Table finale. Que dire ? Les shortstacks ont été rapidement éliminés. Luca Pagano a spew et termine sixième. Notre français, Anthony termine quatrième, une place honorable, et somme toute logique vu le flow de la game. Un heads up chiant à mourrir où le tchèque Jan Skampa vient à bout d'un random nit israélien. Tout va bien, on peut plier. Fatigué, je comptais aller me coucher (début de fièvre avec le nez qui coule), mais je me suis retrouvé "obligé" d'aller fêter la performance d'Anthony. Du coup boîte de nuit, et finish au "darling" avec tout le staff EPT, la presse et pas mal de joueurs. Superbe soirée pour conclure cette semaine de poker. Le lendemain, je n'avais qu'une envie, être chez moi à La Rochelle, pour dormir et rouiller en paix.

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Après un retour douloureux sur Paris, un bon restaurant avec Laurent, et une courte nuit à dormir au bureau, je pouvais enfin rentrer dans mon fief. C'est bon, on ferme la lumière, bonne nuit !
Rendez vous à l'ACF pour le deepstack ClubPoker d'ici une grosse semaine, et pour une fois, en tant que joueur !
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Jeudi 26 novembre 2009 4 26 /11 /2009 19:46



Après Vegas, je comptais sur l'EPT de Vilamoura pour "me reposer". Se reposer dans mon vocabulaire, c'est manger correctement, dormir un minimum et éviter les gambles en tout genre.

Le trip Portugais débutait par un classique La Rochelle – Paris au petit matin pour rejoindre mon acolyte Jooles. Jusque là tout allait bien, mais le vol Paris – Lisbonne nous a réservé quelques surprises. Installés dans un avion assez petit, je ne sais pas si c'est le temps à l'extérieur ou le pilote qui était sec mais la descente sur Lisbonne était digne d'une des pires attractions de la fête foraine. À ma droite, un regular de ce vol se mordait les doigts en passant son temps à ouvrir / fermer le cache vitre, à ma gauche, Jooles était prêt à vomir avec le sac plastique entre les mains, sa voisine "priceless" (une actrice d'un certain âge) qui lui demandait "vous allez bien monsieur, vous êtes tout vert ?". Un peu plus loin devant, un mec se croyait dans une corrida en faisant tournoyer son bérêt, à côté, une femme en stress intégral aggripait le bras de son mari, et je vous passe la nana derrière qui était carrément tombé dans les pommes. Vingt minutes un peu folles, qui me faisait rire au début, moins à la fin, jusqu'à temps que nous atterrissions sur une roue en total freestyle. Ouf, on est entier.

 

Une petite heure de grind en PLO plus tard (un classique désormais) à l'aéroport, puis un vol rapide Lisbonne – Faro, et nous étions presque arrivé. Au premier abord, Vilamoura ça avait l'air sympa. Mais une station balnéiaire en hiver, c'est... un peu désert. Ca m'a tout de suite fait pensé à un reportage "Zone interdite" (ou quelque chose comme ça) sur les villes fantômes en Espagne. Après les formalités habituelles à l'hôtel et la découverte de la chambre (qui était plutôt correcte), on a rushé à la piscine. Faut dire qu'après une journée de transport, quand on voit un panneau "piscine couverte", je crois qu'on est obligé d'y aller. Ambiance surprise, je me suis cru dans un sauna "gay" mixé à un film de James Bond, mais ce qui comptait c'était la relaxation procurée par une petite baignade, le reste on s'en fout.

 

Après un restaurant avec Jean Montury et sa compagne, il était temps de se reposer avant d'entamer le premier EPT Portugais de l'histoire.

L'affluence fut un peu décevante (seulement 322 joueurs), mais l'ambiance était vraiment détendue. Je n'avais jamais vu une table finale où les joueurs souriaient, discutaient, sans aucune prise de tête, sans pression. On se croyait presque dans un freeroll, ce n'était pas désagréable (à part le heads up qui était un trop mou à mon goût).

Au final, c'est un local, Antonio Matias, qui a gagné. Ce n'était pas le meilleur, loin de là, mais il faut croire que c'était son jour de chance. J'aurais vraiment aimé que Jeff Sarwer remporte l'épreuve, mais il a échoué à la troisième place du podium. À noter au niveau français la jolie sixième place de Michel Abécassis, ce qui devient sa meilleure performance en EPT.On retiendra également la sortie express d'Antony Lellouche l'avant dernier jour, alors qu'il était chipleader à 24 joueurs restants.

 

 

En dehors du tournoi, on a (pour une fois) varié les plaisirs culinaires : italien, indien, portugais, thaï, américain, anglais. J'ai pu respecté mon schéma tactique (manger correctement), et le soir, même si on se couchait à chaque fois aux alentours de 4 heures, c'était dans un état raisonnable (hormis peut être le soir où on a fêté l'anniversaire de Jooles). Bref, une semaine peu fatiguante, sans dépenses excessives, un tournoi plaisant : à refaire (au printemps ce serait une meilleure idée vu l'endroit). Le seul facteur de tilt était le prix des restaurants (disons une vingtaine d'euros pour un plat et une boisson) comparé au prix d'une nuit d'hôtel (à peine 50 €) alors que d'habitude on paye la bouffe 2 € et les hôtels 150 €. Pas très grave, juste étonnant finalement.

 

Le retour à Paris fut paisible, le pilote ne devait pas être le même qu'à l'aller. Prochaine étape : l'EPT de Prague, où je vais pouvoir revoir la jolie serveuse du petit bar à côté de l'Hilton. Enjoy, je suis en pleine forme.

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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /2009 02:44

Prévenu en dernière minute alors que je comptais prendre une ou deux semaines de vacances, je me retrouve finalement embarqué pour aller assister à la table finale des WSOP. Programme plutôt alléchant mais qui risque de ne pas être de tout repos. Après trois avions et un peu moins de vingt heures de trajet, j'arrive en compagnie de Léo "le dingo" (gros joueur d'Everest Poker) dans la cité du vice. Christopher alias "Xewod" nous attendait depuis deux heures devant le Rio (à cause d'un léger problème de réservation). Après quelques coups de fils et coups de gueules, tout le monde trouve un logis pour la nuit et on peut enfin aller boire un verre pour décompresser. Tout le monde fatigue assez vite, et on ne se couche pas trop tard (enfin tout est relatif), juste le temps de manger dans un "dinner" et de faire une rapide ballade sur le Strip.

 


 

Après une courte nuit, je passe la journée à rouiller dans le Rio : starbucks, gros burger, solitaire sur l'iphone. Rien de très passionnant, je prend quand même le temps d'aller voir le théâtre "Penn & Teller" dans le Rio où se déroulera la table finale. Arrive enfin la soirée, qui débute avec un apéro dans le bar lounge de l'hôtel en compagnie entre autres de Marc ("Locsta") et Laurent ("Magikcris"). On finit par décoller direction le Caesar Palace pour une soirée Everest, sorte de Welcome Party pour fêter la table finale d'Antoine. La fête se déroule dans une suite luxueuse tout en haut de l'établissement. À noter que la dernière personne à avoir loué cette suite n'était autre que... Barack Obama.

Début de soirée assez calme, arrosée à la bière. On finit par se faire apporter quelques bouteilles de vodkas alors que les trois quarts des guests étaient parti. Juste le temps de sirroter quelques verres avec Antoine, David, Léo, Marc, Chris et Laurent et nous sommes priés de quitter les lieux.

Pas de problème, direction le "Voodoo" (la boîte branchée du Rio) qui est bondée. On a une petite place dans un espace VIP sur la terrasse extérieure. Peu attiré par la musique et l'ambiance trop festive à mon goût, je me contente d'admirer la magnifique vue de Vegas qu'offre la discothèque. Je ne regrette pas d'être venu, rien que pour ça.

Fatigué, je décide d'abandonner mes camarades et redescend au rez de chaussée. À defaut d'aller me coucher, je me retrouve en fin de compte sur une machine à sous (elle me regardait de travers la vilaine). Porté dans un élan de chance, je lui soutire quelques centaines de dollars et cashout instantanément pour aller tester la poker room. Il reste une place sur une table de 1/3, parfait. Je m'installe en me cavant à environ 70BB et j'en perd les deux tiers sur le premier coup joué (paire de valets sur un board contenant trois As, obviously mon adversaire possède le dernier As). Je rajoute une centaine de dollars pour pouvoir jouer un minimum deep et reperd quelques coup. Le niveau n'est pourtant pas très bon, mais mon run ne l'est pas également. Au bout d'une heure je finis par doubler mon tapis (qui était devenu peu consistant) et commence une ascension infinie où je relance une main sur trois et fais passer mes adversaires souvent dès le flop en effectuant un simple c-bet à chaque fois (les quatre joueurs à ma gauche étaient vraiment très weak). Les deux fois où ces derniers ont tenté un moove en me relançant à tapis au flop, je possédais malheureusement pour eux les nuts (ou pas loin). Bref, je me retrouve rattrapé par l'heure. Il est désormais 6 h 30 du matin, et je dois vraiment aller me coucher car demain la table finale ne m'attendra pas pour commencer.


 


À peine trois heures de sommeil plus tard, c'est parti pour une journée marathon. On ne peut pas dire que je sois très en forme, je me déteste vraiment pour ça. Tant pis, pas vraiment le choix, je passe rapidement dire bonjour à Antoine, Benjo et consorts qui sont en train de discuter dans le restaurant qui sert pour l'occasion de QJ pour le clan Everest venu supporter Antoine avant de partir en quête de mon accréditation pour le tournoi. Après trois aller-retour dans les longs couloirs du Rio à travers la foule venue en masse assister à ce prestigieux événement, j'arrive enfin à trouver ce putain de stand et à obtenir mon précieux sésame.

 

Il est un peu plus de midi, et après avoir commater une petite heure dans le canapé qui me sert de poste de travail dans l'amphithéâtre, je publie mon premier article de la journée : le tournoi peut commencer, je suis prêt. Je ne vais pas vous raconter le tournoi, ce serait inutile (vous pouvez trouver mon coverage sur ClubPoker ou celui de Benjo sur Winamax). Cette finale a été très belle, et nous avons vibré tout le long de la journée que ce soit avec l'élimination de Phil Ivey, les donations de Moon, ainsi que les setups en tout genre. Je ne regrettais d'un coup plus le fait de ne pas avoir pris de vacances pour venir ici. Surtout qu'il était en train de se passer quelque chose de magique, notre joueur français, shortstack en début de table finale, était en train d'écraser ses adversaires un à un à coup de relances et de surrelances. Tout était parfait jusqu'à ce moment clé : ils ne sont plus que trois joueurs, Antoine Saout est chipleader et se retrouve à tapis contre Joe Cada assez short. Le français retourne une paire de dames et est loin devant la paire de deux du jeune américain. Si Antoine gagne ce coup, il se retrouvera en headsup du plus gros tournoi de l'année avec la plupart des jetons et sera en excellente posture pour gagner ce tournoi et rentrer dans l'histoire du poker à tout jamais.

 

Mais le destin est parfois cruel, et la croupière retourne un deux dès le flop qui vient donner un brelan à Joe Cada. Celui-ci saute de joie sous les hurlements de ses amis et sa famille venus l'encourager, tandis que la petite centaine de français présent dans la salle se prend un énorme coup de bambou derrière la nuque. Tout n'est pas fini bien sûr car il reste encore pas mal de jetons au français, mais ce coup là marque un tournant dans cette table finale.

Le coup suivant arrive et après une relance de Joe Cada, Antoine Saout fait tapis avec une paire de huit. Il est payé par l'américain qui retourne AK. Toute la france du poker prie pour qu'aucun As ni Roi ne tombe et après quatre briques sur le board, un Roi vient crucifier Antoine sur la river.


Le temps s'arrêta un moment, les larmes coulent, c'est terminé pour le joueur breton. Il allait gagner ce tournoi, nous en étions tous persuadé et moins de dix minutes, ce fut une la sortie de route pour lui. Il avait pourtant pratiqué un poker de haute voltige durant toute la journée et avait déjoué tous les pronostics. Je n'arrive pas à digérer tout de suite, et après avoir rédigé un post sur l'élimination d'Antoine ainsi que sur la fin de la journée, j'erre dans les couloirs du Rio un petit bout de temps avant de finir par rejoindre le restaurant où nous attendait quelques bouteilles de champagnes.

L'heure n'était pas pas à la fête, mais on finit quand même par célébrer ce qui est tout de même une énorme performance : la troisième place du main event des WSOP. Bravo Antoine Saout, tu as su défendre de fort belle manière les couleurs de notre pays et tu laisseras assurément une trace dans l'histoire du poker tricolore.


 


Dans un état émotionnel et physique que je n'avais encore jamais connu, je suis mort de fatigue mais je ne peux pas me coucher, pas après cette journée de presque 18 heures où nos nerfs ont été mis à rude épreuve. Je pars gambler avec "Mama" (un pote de Jooles, journaliste également) dans le Rio plusieurs heures avant de finir par m'inscrire au turbo donkament du matin. Trois mains plus tard, je repars dans ma chambre pour réceptionner un appel de la Radio qui se déroulait en direct de Paris. Une fois le coup de fil terminé, il est environ 15 heures et je me laisse tomber dans mon lit, totalement épuisé.

 

Levé à 23 heures, je suis complètement déphasé. Je pars rejoindre les troupes qui sont au bar lounge en train de prendre l'apéro. On décide rapidement de migrer au O'Sheas, jouer au beer pong pour certains, manger pour d'autres. J'opte pour la seconde option et regarde de loin les autres s'amuser. Antoine semble avoir encaissé son élimination, il est d'humeur festive. On quitte ce lieu au petit matin, il ne reste plus grand monde : Antoine, sa soeur, Léo et moi. On rentre au Rio, la roulette nous attend. Quelle folle matinée, j'ai jamais autant vibré à une table de jeu. Je ne peux pas vous raconter les détails, mais mon portefeuille a en tout cas peu apprécié la session et je me retrouve vers 11 heures à faire avec Chris le donkament du matin. Repassé en mode "sérieux", je joue quasiment à la perfection tout le long du tournoi et sur les 80 joueurs au départ du tournoi, on se retrouve côte à côté avec Chris alors qu'il reste à peine 16 joueurs. Ce tournoi ne ressemble à rien : on joue trois mains par level et les blindes augmentent tellement vite que même en doublant son tapis une fois tous les deux niveaux, on se retrouve inéxorablement avec au maximum 4BB.

Arrive un coup qui sera mon dernier. Je viens de quintupler mon tapis le coup d'avant et je possède donc 5 blindes (je suis deep wahou!). Trois joueurs font tapis avant, j'ai le malheur de découvrir une paire d'As au bouton, et vu la structure, je n'ai guère d'autres choix que de payer en annonçant "i will loose with my hand, can't beat three players with aces". Je fais face à une paire de huit, une paire de neuf et une paire de rois. Un huit tombe dès le flop et l'affaire est réglée : bonne nuit ! Ereinté, je pars me retirer dans ma chambre d'hôtel.

 

Après quelques heures de repos, il est temps de se relever pour aller suivre le tête à tête final opposant Joe Cada à Darvin Moon. Nos pronostics avec Benjo sur la durée du heads up comme quoi cela allait durer à peine dix mains allaient ils s'avérer correct ? Et bien non, c'est avec plaisir et une pointe de surprise que ce tête à tête final se révela intéressant. Moon malgré son inexpérience se défenda plus que bien et c'est au bout du suspens que le bourreau d'Antoine Saout remporta ce titre 2009. Les WSOP ont leur nouveau champion, et à 21 ans, Joe Cada (sponsorisé par PokerStars) devient le plus jeune vainqueur du main event des World Series. Mon travail ici est désormais terminé et je peux aller profiter des dernières heures qu'il me reste à passer dans cette ville intemporelle.


 


Une après midi shopping plus tard (où j'ai notamment dévalisé la boutique Calvin Klein), il est temps de savourer une dernière soirée avec toute la bande (Antoine, David, Léo et conpagnie) et ce sera au O'Sheas. La soirée passe très vite et il est déjà 4 heures du matin, l'heure de rentrer l'histoire de dormir au moins deux heures avant de se lever pour prendre l'avion et repartir en France. Le séjour est fini, et on peut dire qu'il n'était pas de tout repos. Cette ville est vraiment éreintante, mais bon, ce sera avec plaisir que j'y retournerais l'été prochain.

Prochaine étape : Vilamoura au Portugal pour l'European Poker Tour. Rien de tel pour se refaire une santé.

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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /2009 23:42

En provenance de Lyon (un de mes points de chute favoris), j'étais sur Paris à peine quelques heures, juste le temps de gambler quelques caves en omaha chez Romain et de dormir trois heures avant de me lever au petit matin pour rejoindre Laurent, Jad et Jooles. N'étant pas très matinal, j'étais pour une fois surpris de ma non méforme ce matin là. Après quelques soucis de bagages à l'aéroport (avec le stuff nécessaire pour la radio on a eu le droit à un gros supplément pour le surpoid), nous avons trouvé pour le trajet un peu de compagnie féminine grâce à Sabrina qui prenait le même vol.

 

Arrivé à Marrakech, destination que je ne connaissais pas, je comprend tout de suite comment ça se passe pour les gens de passage : tout se négocie là bas. Après une féroce bataille entre les taxis pour nous prendre en course, on se retrouve tous les quatre à l'arrière dans une vieille peugeot avec des bagages un peu partout et le chauffeur qui nous demande combien on va le payer. Laurent, fidèle à lui même répond "la personne qui nous a mis dedans a annoncé 15€, donc on paiera 15€". Pas de réponse, on avance tranquillement (au moins à 20km/heure) entre les voitures en sens inverse, les mobylettes et les piétons vers notre hôtel. Le "Golden Tulip", voilà où nous logereons durant ces quelques jours. Après un échange de billets entre Laurent et le chauffeur de taxi, où au final on s'en tira pour 5€ (j'ai pas tout compris mais bon) on peut enfin se (re)poser.

 


 

Pendant mes trois journées de vacances accordées avant le début du WPT, même si je n'ai pas participé à la sortie de quad dans le désert, j'ai pu découvrir les joies de la vie nocturne locale en compagnie des traditionnels fêtards du circuit, dont mon ami Harper que j'ai réussi à ramener des flammes de l'enfer (s'échapper avec un mec qui dort sur une banquette dans le "Paradise" à cinq heures et demie du matin n'est pas chose aisée) ; le reste du temps libre fut composé de piscine, de repos et de cash game online. Rien de très original. Ah si, la formule détente d'une durée d'une heure et demie au salon de massage, c'est tout simplement les nuts quand on a la gueule de bois, on a vraiment vibré avec Harper.

 

On arrive au jour J, grande première sur le circuit, le premier World Poker Tour sur le continent africain. C'est la room Chilipoker qui a organisé cet événement, et voilà réunis les trois quarts des joueurs pros français ainsi que quelques pointures internationales (Annette Obrestad, Antonio Esfandiari, Liz Lieu, Tony G. pour ne citer qu'eux). Je ne vais pas vous raconter le tournoi, il y a les coverages pour ça mais ce fut un WPT format express puisqu'il s'est déroulé sur trois jours uniquement. C'est le français Christophe Savary qui a gagné devant l'irlandais Eoghean O'Dea. À noter la belle performance de Ludovic Lacay qui complète le podium. Good game, une vodka tonic et au lit ! Avec la crève attrapée le deuxième jour du tournoi en plus, l'heure n'est pas à la fête. On doit repartir à peine quelques heures plus tard pour Paris.

 


 

Paris CDG, Jooles et moi quittons nos amis pour... reprendre un avion. Pas de temps à perdre, c'est Varsovie qui nous attend pour l'European Pokr Tour. On retrouve à l'aéroport Anto, Ludo, Davidi et Junior du team Winamax, l'occasion de faire une petite session de cash game online en attendant notre vol (obviously en retard). On arrive à Warsaw dans la nuit, changement de température radical avec Marrakech ! Mon nez entre la crève et les deux avions est mal en point. On arrive à l'Hyatt, je suis fatigué, mais pas assez pour dormir. Après une petite commande au room service et une session online (oui je joue beaucoup en ce moment), je tombe enfin dans les bras de Morphée.

 

EPT Warsaw, le bunker polonais. Dans une ambiance enfumée, froide, peu de joueurs sont présents pour ce jour 1. Seulement sept niveaux sont joués, et nous pouvons donc profiter de la soirée. Après un rush au Sports bar du Mariott pour manger et regarder la deuxième mi-temps de la Champion's league, on revient au casino avec Jooles s'asseoir aux tables de cash games. Ce fut plutôt une réussite pour moi puisque je suis reparti avec trois fois ce que j'avais mis sur la table. Ce fut ensuite la découverte d'un jeu de gamble que je ne maitrisais pas encore : le stud poker version polonaise (beaucoup plus attractif que la version française), ça y est, c'était trop tard, j'étais commité pour la semaine à venir m'installer tous les soirs pour grinder à ce putain de jeu.

 

 

Le lendemain, rebelote, petite journée (vu que le jour 1b se calque sur le jour 1a, on a fini tôt), même programme (foot etc...), et entre quelques bets sur la roulette et sur le stud, je me retrouve à perdre beaucoup de zlotys en holdem puis à en regagner à vitesse grand V en heads up pot limit omaha contre un jeune pro américain. Au bout de quarante minutes, ce dernier qui a visiblement compris qu'il ne gagnerait pas d'argent avec moi change de table pour rejoindre une full ring. Aucun problème, je retourne au stud poker !

 

Après trois autres journées assez identiques aux deux premières, on arrive au dernier jour du tournoi. Jooles a dû me quitter (il devait rejoindre sa petite femme à Londres pour des vacances) et c'est dommage, car Christohe Benzimra fait parti des huit finalistes. C'est pas la grosse forme côté presse, mais on est là, prêt pour un éventuel exploit. Le français fait figure d'outsider derrière Oleksandr Vaserfirer, énorme chipleader et Luca Pagano, toujours à la recherche d'une première victoire dans un EPT.

Après un coup spectaculaire où Christophe et deux autres joueurs se retrouvent à tapis préflop avec respectivement paire de valets, paire de dames et paire d'as ; le français empoche le jackpot en trouvant un valet au flop. Il triple alors son tapis et la victoire devient envisageable pour lui. Ils ne sont plus que quatre, et après un deal négocié entre les protagonistes, l'action reprend de plus belle. L'italien Luca Pagano échoue encore une fois en sautant quatrième, puis c'est au tour de l'ukrainien Oleksandr Vaserfirer de se faire éliminer.


Nous y sommes, Christophe Benzimra est en heads up d'un EPT, légèrement devant en jetons et fait face à Battisti, jeune joueur italien, supernova élite sur PokerStars. Après une dizaine de mains sans saveurs, la main finale arrive. Dans un pot relancé préflop, les deux joueurs partent à tapis sur un flop contenant trois trèfles. Le français possède deux paires et est oppposé à un tirage couleur chez l'italien. Aucun trèfle ne tombe turn et river et Christophe a, contre toute attente, réussi à gagner ce tournoi.

 



 

Malgré la faible affluence pour cet EPT, j'étais content d'être venu, rien que pour savourer la victoire d'un joueur amateur pour qui l'argent n'a pas ou peu d'importance. Le temps d'enfiler une petite coupe de champagne et je repartais avec Benjo à son hôtel (merci d'ailleurs) car j'étais SDF ce soir là. Une bonne nuit à se reposer et me voilà de retour sur Paris. S'en suivront trois journées de sommeil (et de cash games bien sûr) la tête bien remplie.

 

 


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